lundi 19 octobre 2009

Jour 5 toujours: le Parque National Bosque Fray Jorge










15h environ, j'arrive à l'entrée du fameux parc, au bord de la crise de nerf à cause de ce p***** de vent. Une voiture arrive à peu près en même temps que moi. Le gardien nous explique (après nous avoir fait payer 2 euros l'entrée) que ce qui est intéressant à voir est a 7km, avec une énorme montée qu'on apercevait au loin. Evidemment, il n'était même pas question de la faire en vélo. Je le laisse donc attaché vers la cabane du gardien, de tout façon il n'y a quasi personne qui visite le parc, et je demande à la personne assez âgée qui s'y rend en voiture de m'y emmener. Celui-ci accepte, heureusement, je l'en remercie encore. Cependant, il avait un chien qui n'arrêtais pas d'aboyer dès que je faisait le moindre mouvement, une sorte de petit chien moche de vieux avec une voix criarde; bref, insupportable, d'autant plus qu'il puait. Le vieux est assez sympa, mais il parle beaucoup (trop) et répète souvent la même chose. Mais c'est super agréable de faire la montée en voiture et pas en vélo, et puis il avait des meringues à manger.

Le paysage au début ressemble aux photos d'avant, c'est à dire cactus, plantes épineuses, sable et terre sèche. Mais en montant, la température diminue beaucoup, et on arrive dans un gros nuage humide, et le paysage change totalement!!! On se croirait 800km plus au Sud, avec des plantes bien vertes, des arbres et tout!
En fait il se passe un phénomène naturel assez surprenant, qui est dû à une conjonction de plusieurs choses: les montagnes, le bord de mer proche, les courants des vents, et tout ça, ben ia des nuages qui se forment (d'ou cette sorte de brume que vous voyez)... Ce qui fait que, dans une région ou il pleut moins de 100 mm d'eau par an, eh bien dans cette micropartie il en tombe plus de 1000 mm! Et voilà le résultat à quelques kilomètres de différence.
Donc c'est assez surprenant en effet, mais je suis quand même resté un peu sur ma faim: on m'avait parlé d'un truc de fou, alors moi je m'attendais à un truc sensationnel, alors que pour moi c'était qu'une "banale" forêt en soi. Le truc c'est que chez eux leur environnement est plutôt désertique, alors le fait qu'il y ait un paysage comme ça au milieu qu'il ne connaissent que très peu (ou alors seulement quand ils vont très loin), ben ça leur semble extraordinaire. Moi j'étais bien plus bluffé par les paysages désertiques que j'ai vu tous les jours que par cette mini-forêt qui ressemble à s'y méprendre à un paysage quelconque en France. Mais bon ça reste un phénomène naturel exceptionnel pour la région, et c'est ça qu'est bô.

Le panneau le plus déprimant



En voilà un panneau qui fout la frousse en vélo!!
Le premier est le panneau normal qui indique qu'il y a une montée (ou une descente). C'est déjà un mauvais présage.
Mais alors quand on voit le second, la on flippe vraiment! Je crois qu'il l'ont fait spécialement pour cette montée là (en l'occurrence c'était en descente, mais je savais que le lendemain, je devrais reprendre le même chemin... j'en pleurais d'avance). Je me suis demandé un instant si j'allais pas arriver au bord d'une falaise... (non c'est pas vrai, faut pas exagérer)

Jour 5: Limari --> Parque Fray Jorge





Cette fois-ci je crois être assez sûr de mon coup, je dois pas être loin du parc selon la carte, une quarantaine de km environ. Encore une fois, erreur; enfin plus ou moins. Le début, 15km-20km, route, super facile. Je traverse la grande route, la "panaméricaine", et de là je vois une petite route sablonneuse avec un panneau disant 28km: je sens déjà le traquenard... Mais j'ai pas le choix. Alors sur les photos je dois d'abord atteindre ces petites montagnes, mais c'est encore que la moitié du chemin. En soi, 28km c'est rien; le problème, enfin, les problèmes, c'est le vent super fort qui vient de la mer, le sable qui ralenti ENORMEMENT, et la montée. De plus le sable fait comme des minis dunes qui font qu'on a l'impression de rouler sans arrêt sur des "cassis" comme on dit sur les routes en France. Et à la longue c'est insupportable. Bref de tous les jours de voyage, ce trajet fut de loin le pire, devant celui ou j'étais seul au milieu de la montagne et que ça montait bien plus dur. Le vent c'est le pire cauchemar. Bref à la fin je gueulais tout seul au milieu, en insultant le vent, ça me faisait du bien. Sinon sur les photos on voit des cactus comme on les imagine au Mexique. Ben ien a pas qu'au Mexique, dans la région il y en avait vraiment partout, même si sur les photos d'avant on ne les voyait pas car trop loin je pense. C'est assez marrant au début, la forme et tout.

La nuit à Limari






Après Ovalle, c'est un peu dur de se trouver un coin pour dormir tranquilou à l'abri des regards...
Arrivé à Limari, le soleil commence à descendre, et je me demande vraiment où je vais dormir. Qui plus est, je ne trouve plus où est la route qui est censée continuer vers la mer. Je m'arrête, je réfléchis. Et je continue un peu dans la ville, et je vois une femme assise en train d'écrire des trucs, ayant l'air d'attendre quelque chose. Alors je vais la voir, et je lui demande déjà où est la route que je cherche. Elle m'explique que pour aller à Fray Jorge, je dois revenir a Ovalle!!! Bon, ma carte est vraiment mal faite, mais là je doute; dans tous les cas, je veux trouver un endroit pour dormir là-bas, et pas revenir à Ovalle, ce que je lui dit. On discute un peu, et en fait elle m'explique qu'elle attend des enfants pour faire une sorte de catéchisme en gros, et on était devant l'église (qui ressemblait pas trop a une église, car la vraie avait été détruite lors du tremblement de terre de 1997 ou 98). Elle me dit de rester avec elle, d'attendre les enfants et que parmi tous il y en aurait bien un qui pourrait me prêter un bout de jardin pour planter ma tente.
Ils arrivent ensuite peu à peu, ils discutent, font quelques jeux, puis on rentre dans l'église. La femme parle un peu, dit qu'il faut aider les autres, fait une ou deux prières, que les enfants répètent, et ensuite discussion pour savoir comment s'organiser pour la visite de je sais pas quel curé important, faut récolter de l'argent. Bref moi pendant ce temps je m'occupe à repousser les moustiques qui me tournent autour car je pue et les lumières néons de l'église plus les portes grandes ouvertes le soir font que je suis assailli. Ensuite je me présente à tout le monde à la fin et leur expose mon "problème" de logement.
Finalement, le petit "Fabian" (équivalement de fabien chez nous, car là bas avec un "e" ça n'existe pas) (en photo avec moi, mais il ferme les yeux), me dit que sa grand-mère (en photo deux fois) acceptera sûrement. Elle arrive justement, tous les enfants la connaissent et l'adorent. On se dirige donc tous ensemble chez elle, et là je rencontre un peu toute la famille: les grands parents, la mère (en photo avec moi), le père, les frères et soeurs etc... Le Fabian qui n'a qu'une dizaine d'année joue super bien de la guitare, il chante aussi. La soeur joue aussi de la guitare et du piano. Alors on se pose un peu dehors, Fabian joue un peu et ils chantent. (Grupo 5, "que levante la mano"...). Ensuite une fois de plus je suis invité à manger un peu, tout seul au milieu des autres avec qui je discute en même temps. J'ai encore une fois le droit à une bonne douche chaude, et même si j'ai déjà monté la tente, ils me proposent de dormir dans une pièce ou il y a un lit de libre, et après les 110 km du jour, je ne me le fais pas répéter deux fois. Le lendemain matin, petit déjeuner avec la maman et les jeunes. Ils me suivent jusqu'à ce que je parte, me regardent me brosser les dents et ranger mes affaires, et tous trop gentils. Je pars finalement à 10h30 le samedi, environ une heure plus tard que d'habitude.

Sinon l'arbre un peu tout décrépi c'est celui qui donne les Chirimoyas dont j'ai parlé avant.

Jour 4: avant Hurtado --> Limari












Je sais maintenant que je suis environ à 15km de Hurtado, et que j'ai fait quasiment toute la montée le jour précédent (environ 30km), voilà qui est rassurant! Bon il en restait une bonne de montée, mais ensuite quel plaisir! descendre, rien à faire. Bien sûr, vu comme j'étais chargé, dans les descentes il faut faire super gaffe, d'autant plus quand la route n'est pas goudronnée. J'arrive à Hurtado, et de là je me dirige vers Ovalle, en suivant la rivière Hurtado. Encore une route magnifique, en descente en général. Cette vallée contraste avec celle de l'Elqui des jours d'avant: celle de l'Elqui est belle, mais touristique et exploitée partout pour le pisco, d'où les vignes. Celle de l'Hurtado est beaucoup plus sauvage, il n'y a pas de tourisme, juste des petits villages avec des gens tranquilles. J'ai adoré ces 80km.
A Ovalle, ville ou je prendrai le bus pour rentrer deux jours après, je me rends justement au terminal de bus pour savoir les horaires des bus qui vont à Valpo, prendre un ticket, et je rachète une tablette de chocolat, même si c'est cher.
Bien que j'ai déjà fait une centaine de kilomètres dans la journée, je veux continuer pour sortir de la ville et me trouver un coin pour dormir. Je pars donc en direction de la mer, pour atteindre le lendemain le parc National Fray Jorge, dernière étape de mon voyage.
Finalement, ma journée va se terminer à 10km de là, dans un village qui s'appelle "Limari", où je vais encore faire de bonnes rencontres...

Jour 3: La fin (heureuse)









Il est environ 19h, je désespère, je vois un chemin au loin qui monte comme c'est pas croyable, et je n'envisage même pas que ça puisse être le chemin que je vais devoir prendre. Je m'approche lentement et je dois me faire à l'idée que je vais devoir monter ça. Un pick-up me double, sans même ralentir histoire de me mettre plein de poussière au visage, et je ne lui demande pas de s'arrêter pour me prendre; l'aventure c'est l'aventure!
Bref après quelques autres horribles montées, je croise un mec, à pied, et je repère des genres de maisons au loin: sauvé! Première question, je lui demande si ça monte encore longtemps comme ça, il me répond que non. Ensuite je lui demande où il habite, et si je vais pouvoir trouver de l'eau. Il me répond qu'il y a un éleveur de chèvre pas loin donc je continue ma route, avec plein d'espoir mais j'ai vraiment hâte de m'arrêter. Au final, je m'arrête devant une maison qui à l'air très très bien, mais pas de troupeau de chèvres. J'appelle, une femme vient m'ouvrir. Je lui explique la situation, que je fais du vélo, que je suis fatigué, que je cherche un peu ou dormir (même s'il y a cinquante mille hectare de terrain vague autour) et de l'eau. Elle me dit de venir et qu'il n'y a pas de problème.
En fait cette femme vit là avec sa fille Catalina (genre 5 ans), un ptit chien (de 4 moi, un ptit labrador), une poule, et Rosita la petite chèvre. Elle garde la maison quelques mois car celle-ci appartient à des "gringos" (ie des Etats-Unis) et s'occupe des enfants gringos quand les gringos sont là. Et en fait, ces gringos sont en train de construire à côté un orphelinat car au Chili bien sûr ça existe mais bon à 16 ans on leur dit "bon merci maintenant tire-toi" et s'ils n'ont pas appris grand chose ben ils finissent dans la rue (Je critique pas, c'est sur qu'il faut de l'argent pour pouvoir faire tout ce qui serait nécessaire pour vivre dans le meilleur des mondes; la vie c'est injuste). Là, l'idée c'est de les éduquer, de leur apprendre un métier, et de les laisser parti quand ils sont prêts.
Donc cette gentille dame m'accueille, me prépare une bonne soupe, un café et on discute longuement dans cette maison super agréable, avec tout le confort de n'importe quelle maison de la ville. Repus, elle me laisse ensuite prendre une bonne douche chaude, qui me fait un bien fou après cette journée harassante finalement. Je lui dit ensuite que cette nuit je vais dormir à la belle étoile, car nous sommes en hauteur, qu'il n'y a pas de pollution lumineuse et vu que cette région est propice à l'observation des étoiles ça sera parfait. Elle m'apporte du bois et je prépare un feu, on boit ensuite un verre de vin autour avec la fille, le petit chiot qui joue à mordiller les pattes de la chèvre et la chèvre qui bêle. Ils vont se coucher et je me met dans mon sac de couchage, près du feu, à observer la quantité innombrable d'étoiles à côté d'un bon feu, bref c'était magique.
Vers 6h du matin, le feu est éteint évidemment, et j'ai un peu froid. Je me fais réveiller car la dame dont j'ai oublié le nom vient me réveiller pour me dire de finir la nuit dans le canapé car elle à de la peine pour moi de me voir dehors par ce froid. J'accepte poliment, et je me recouche dans le canapé pendant qu'elle prépare le petit déjeuner... Une tortilla dont la recette est d'Ecuateur, avec tomate et oignon, mais sans l'ingrédient principal m'a t-elle dit: du cannabis! Elle me donne en plus de la confiture de raisin maison, du pain et du fromage au lait de chèvre.
Avec ça je suis paré pour une nouvelle journée de vélo!

Jour 3: suite









Je pars donc en direction d'Hurtado. J'ai une pauvre carte de merde pour touriste de la région, et donc très peu précise, et sans le relief. Donc selon la carte qui n'a pas non plus d'échelle, j'estime le trajet a 20km, et sûrement plus ou moins plat. Sauf que j'arrive à l'entrée de la piste avec un panneaux annonçant 44km et, ce que je ne sais pas encore, c'est que niveau dénivelé ça va pas être du gâteau...
Qu'importe au début, la route est magnifique, sauvage, je croise quelques renards, il fait super beau mais pas un brin d'air, j'étouffe dans les montées. Pas une voiture, pas une maison, ou presque. Les premières photos, c'est depuis la toute première montée, c'est pour ça qu'on voit du vert et des exploitations agricoles. Ensuite c'est totalement sec partout. Malheureusement par la suite, j'ai pas pris beaucoup de photos jusqu'à l'endroit où j'ai dormi, même si c'était beau, tout simplement parce que malgré tout je commençais à flipper un peu (enfin sur le coup plus qu'un peu...). J'avançais très très lentement, genre 5 km/h de moyenne (montée et état de la piste), sachant que j'avais 44km à faire, qu'on était déjà en fin d'aprèm et que j'avais en tout et pour tout 3.5 litres d'eau, que je n'avais pas trop de chance de rencontrer une source ou une oasis, que ça n'en finissait pas de monter, que j'étais chargé comme une mule et que le portable ne captait pas...
Sinon sur la dernière (donc la plus en haut), on peut voir au loin en haut d'une montagne un observatoire astronomique, mais celui-là il ne doit pas être ouvert au public.

Jour 3: Alcohuaz --> Hurtado?...








Retour à Vicuña tout d'abord. Les 40 premiers km sont assez faciles, car c'est surtout de la descente, même si le vent est contre moi. Ensuite 20km c'est du plat, mais le vent est toujours contre moi, mais plus fort. Là-bas je refais le plein de bouffe et d'eau puis je mange, car je sais que les 40 prochains km jusqu'à Hurtado, il n'y a aucun village d'indiqué, il s'agit juste d'une piste pas bitumé. En partant de cette ville vers une 13h, je passe devant une distillerie de Pisco "Capel", et je me dis que j'aurais pas tous les jours l'occasion d'en visiter donc je m'arrête. Mais la visite est à 14h30; je décide quand même d'attendre, je ferais du vélo jusqu'à un peu plus tard ou m'arrêterai avant.
C'était intéressant mais pas non plus sensass, disons que c'était bien pour "voir", mais les explications j'aurais pu les donner moi-même, ça rentrait pas vraiment dans le détail. C'est une distillation quoi, on chauffe, on fait évaporer que l'alcool, on le recondense et on le récupère. Donc des énormes cuves, des machines a distiller, des tonneaux...). Après on a vu directement la chaîne de production, ça ça aurait plus à Schiapparelli (pour ceux qui connaissent pas: un prof en GE d'automatisme à l'INSA, assez "spécial"). Les ouvriers nous faisaient coucou en partant, ils sont sûrement briffés par les patrons pour le faire à mon avis, mais bon c'était sympa!
Evidemment, je me suis retrouvé avec un groupe de vieux (non pas que j'aime pas les vieux) qui venaient en car et qui prenaient tout en photo même les ptites fleurs de l'accueil, mais ils avancent vraiment très lentement.
Sinon ça se terminait par une dégustation, mais vraiment trop minuscule pour vraiment apprécier... Et ils t'obligent à passer par leur boutique avant de partir, mais j'avais pas vraiment la place pour rapporter une bouteille.